Ēkhō
Sortie du livre chez HOPPER&FUCHS
Il existe un moment où le paysage se prolonge au-delà du lieu. Une forme aperçue demeure dans notre regard, puis ressurgit, transformée par le souvenir. Les images d’Ēkhō nous parviennent depuis cette zone où la reconnaissance vacille. Un rocher devient une étendue, une montagne affleure dans une surface colorée, un relief se mue en peau. Ēkhō est traversé par cette persistance. Si les photographies témoignent de lieux et d’objets rencontrés, elles s’en émancipent peu à peu. Les échelles varient de l’horizon à l’infime, du lointain au plus proche. Au centre du livre, l’Araucaria manifeste cet état de métamorphose : une seule image se déploie en d’infinies variations. Son motif s’engramme tout en conservant les traces de ses transformations successives.
Ēkhō signifie « rendre un son » en grec ancien. Ici, l’image revient toujours, à la fois identique et modifiée, unique et dupliquée. C’est depuis cet écart vibrant, entre matrice et multiple, que la photographie s’imprime dans nos mémoires.